Processus standards de la filière boisi
104 processus de référence, contrôlés et validés. Chaque entreprise peut les importer puis les adapter à sa réalité.
Approvisionnement en connexes et bois
Le producteur de bois énergie sécurise ses entrées matière : connexes de scierie (plaquettes de scierie, sciures, écorces) pour la granulation, bois ronds et rémanents d'exploitation pour les plaquettes forestières. L'acheteur contractualise des volumes annuels avec les scieries et les exploitants forestiers en anticipant la saisonnalité des chaufferies : les stocks se constituent l'été pour couvrir la saison de chauffe. Les exigences documentaires sont vérifiées en amont : chaîne de contrôle PEFC/FSC, cahier des charges matière (essences, classe d'humidité M, propreté) et, pour les broyats de bois en fin de vie, statut de sortie de statut de déchet (SSD) compatible avec l'installation ICPE rubrique 2910 du client.
Broyage et préparation
Transformation des bois ronds, rémanents et connexes en broyat calibré : le broyeur à tambour (ou à couteaux pour les plaquettes forestières fines) déchiquette la matière, puis le crible sépare les fractions pour atteindre la classe granulométrique visée (P16S à P45S selon ISO 17225-4 pour les plaquettes, préparation plus fine avant granulation). La propreté de la matière est déterminante : une pierre ou une ferraille passée au broyeur casse les couteaux et immobilise la ligne plusieurs heures.
Conditionnement (sacs / vrac)
Mise en condition commerciale des granulés en sortie de refroidisseur : ensachage en sacs de 15 kg pour le marché des poêles (vente en GSB, négoces et directe), palettisation houssée, ou orientation vers les silos de stockage vrac pour la livraison par camion souffleur. Le tamisage des fines avant ensachage est systématique : la marque ENplus impose un taux de fines inférieur ou égal à 0,5 % au point de conditionnement (1 % à la livraison vrac). Chaque sac porte le numéro de certification ENplus/DINplus/NF granulés biocombustibles et le numéro de lot pour la traçabilité.
Granulation / pressage
Compression de la sciure et des connexes affinés en granulés de 6 ou 8 mm sur presse à matrice (annulaire ou plate) : la lignine du bois, ramollie par la chaleur et la vapeur, joue le rôle de liant naturel, sans additif au-delà des 2 % autorisés par ISO 17225-2 (amidon). La fenêtre d'humidité de la matière en entrée de presse (10 à 14 %) et l'état de la matrice conditionnent directement la durabilité mécanique et le taux de fines, critères clés des classes A1/A2/B et des référentiels ENplus, DINplus et NF granulés biocombustibles.
Logistique et livraison vrac
Planification des tournées et livraison des granulés vrac par camion souffleur chez les particuliers et petites chaufferies, des plaquettes forestières par camion à fond mouvant chez les chaufferies collectives, et des palettes de sacs chez les distributeurs. Les contrats chaufferies s'engagent souvent en MWh livrés (PCI mesuré sur échantillon à la livraison), ce qui impose une pesée fiable et un suivi qualité à chaque rotation. La pointe hivernale concentre la demande : les tournées mal optimisées se traduisent en kilomètres à vide et en clients en rupture devant un silo vide.
Contrôle qualité (ENplus / DINplus)
Contrôle des caractéristiques des combustibles selon ISO 17225-2 pour les granulés (classes A1/A2/B : humidité <= 10 %, taux de cendres <= 0,7 % pour A1, durabilité mécanique, taux de fines, PCI, masse volumique apparente) et ISO 17225-4 pour les plaquettes (classes de granulométrie P et d'humidité M). Les résultats alimentent le système qualité des certifications ENplus, DINplus ou NF granulés biocombustibles : autocontrôles internes tracés, essais annuels en laboratoire accrédité, audit de suivi du certificateur. Un lot déclassé après expédition, c'est un rappel chez les distributeurs et une non-conformité majeure à l'audit.
Réception et contrôle d'humidité
Contrôle quantitatif et qualitatif de chaque camion entrant sur la plateforme : double pesée au pont-bascule (brut/tare), mesure d'humidité sur échantillon et vérification de la nature du lot (plaquettes de scierie, sciures, bois ronds, plaquettes forestières). L'humidité commande tout : le paiement (beaucoup de contrats sont indexés sur la tonne sèche ou le MWh via le PCI), la classe contractuelle (M20 à M55 selon ISO 17225-4) et l'aptitude du lot à entrer directement au séchoir ou à passer par le stockage tampon. Un lot trop humide accepté sans décote se retrouve en surcoût de séchage ou en plaquettes hors classe chez la chaufferie cliente.
Séchage
Abaissement de l'humidité de la matière à la cible du produit : 8 à 12 % avant granulation (pour tenir le <= 10 % des granulés ISO 17225-2), ou classe M contractuelle pour les plaquettes séchées destinées aux chaufferies. Selon les sites, séchoir à bande basse température (souvent alimenté par la chaleur fatale d'une cogénération ou d'une chaufferie biomasse interne, elle-même sous rubrique ICPE 2910) ou séchoir à tambour rotatif haute température. Le séchage est le premier poste énergétique de l'usine : chaque point d'humidité enlevé inutilement se paie en kWh, chaque point manquant se paie en granulés hors norme.
Avant-projet et faisabilité
Le bureau d'études structure bois analyse le programme du maître d'ouvrage et les plans de l'architecte (phases ESQ/APS) pour vérifier qu'une solution bois — charpente lamellé-collé, ossature bois, CLT ou mixte bois-béton — répond aux exigences de portées, de stabilité au feu, de site et de budget. Il en tire une esquisse structurelle (trame porteuse, sections de principe issues de ratios et d'abaques) et une note de faisabilité qui cadre le système constructif et l'enveloppe économique du lot charpente-ossature bois avant d'engager les phases APD/PRO.
Note de calcul structure
L'ingénieur dimensionne et justifie la structure bois selon l'Eurocode 5, avec les Eurocodes 0 et 1 pour les combinaisons d'actions : descentes de charges, classes de service, coefficients kmod et kdef, vérifications aux ELU (flexion, cisaillement, compression, déversement, flambement) et aux ELS (flèches W_inst et W_net,fin), stabilité au feu par calcul de carbonisation (R30/R60) et justification des assemblages (broches, boulons, ferrures). La note de calcul, pièce contractuelle, est transmise au contrôleur technique pour avis.
Rédaction du CCTP
Le bureau d'études rédige les pièces écrites du lot charpente-ossature bois pour le dossier de consultation : le CCTP, qui décrit les ouvrages (essences, classes mécaniques C24/GL24h, classes d'emploi NF EN 335 et traitements, assemblages et quincaillerie, exigences RE2020 et étanchéité à l'air), et la DPGF qui structure le chiffrage. La rédaction s'appuie sur les DTU 31.1 et 31.2, l'Eurocode 5, le marquage CE des bois de structure (EN 14081) et les plans de niveau PRO.
Consultation des entreprises
Le bureau d'études assiste la maîtrise d'oeuvre pour la consultation des entreprises du lot charpente-ossature bois : constitution du DCE (CCTP, DPGF, plans DCE, planning, règlement de consultation), réponses aux questions des candidats pendant la consultation, puis analyse comparative des offres (conformité technique au CCTP, variantes, cohérence des prix) et rapport d'analyse pour la maîtrise d'ouvrage.
Dossier des ouvrages exécutés
A la réception des travaux, le bureau d'études collecte et compile le dossier des ouvrages exécutés (DOE) du lot charpente-ossature bois : plans EXE conformes à l'exécution, notes de calcul, fiches techniques et FDES des produits, certificats de traitement des bois et attestations de marquage CE (EN 14081), procès-verbaux d'essais, notices d'entretien de l'ouvrage. Le DOE est une pièce contractuelle remise au maître d'ouvrage, généralement exigée pour le solde du marché.
Plans d'exécution
Le projeteur produit les plans du lot structure bois : plans d'ensemble, plans de repérage, coupes et carnet de détails d'assemblage (broches, boulons, ferrures, sabots, ancrages), en cohérence stricte avec la note de calcul (sections, entraxes) et les plans architecte. Selon la mission, il s'agit de plans de principe (mission de base, l'entreprise produisant ses propres plans EXE) ou de plans EXE complets. Les plans sont diffusés pour visa avant fabrication et pose.
Suivi de chantier / VISA
En phase chantier, le bureau d'études exerce sa mission de visa sur les plans EXE et notes de calcul produits par l'entreprise du lot bois : vérification de conformité au dossier PRO/DCE, croisement avec les avis du contrôleur technique, puis visa sans observation, avec observations ou refus. Il effectue les visites de chantier aux étapes clés (ancrages, levage de la charpente, serrage des assemblages, contreventement) et rédige les comptes rendus jusqu'aux opérations préalables à la réception (mission DET le cas échéant).
Étude thermique / RE2020
Le thermicien réalise l'étude réglementaire RE2020 du projet : saisie du bâti (parois, ponts thermiques, menuiseries, systèmes), calcul des indicateurs énergie et confort (Bbio, Cep, Cep,nr, DH) et analyse de cycle de vie (Ic construction, Ic énergie) qui valorise le stockage carbone des produits bois via leurs FDES. Il produit le récapitulatif standardisé d'étude énergétique (RSEE), l'attestation au dépôt de permis de construire et les préconisations d'optimisation.
Approvisionnement bois et quincaillerie
L'entreprise de charpente approvisionne les bois de structure (bois massif, KVH, lamellé-collé, CLT), les panneaux (OSB 3 de contreventement, panneaux de toiture) et la quincaillerie (ferrures, équerres, sabots, vis de charpente, pointes annelées) nécessaires à chaque affaire. Les achats partent du quantitatif du bureau d'études et exigent les classes mécaniques (C24, GL24h), le marquage CE EN 14081, les classes d'emploi NF EN 335 et les certificats PEFC/FSC quand le marché l'impose. Les délais fournisseurs, en particulier sur le lamellé-collé de grande portée et les ferrures spéciales, conditionnent directement le planning de taille et la date de levage.
Etude de prix et chiffrage
A réception d'un dossier de consultation (marché public ou privé), le chargé d'affaires analyse les pièces (CCTP, DPGF, plans architecte, planning TCE) et décide de répondre. Le bureau d'études réalise le métré des ouvrages bois (charpente traditionnelle, MOB, planchers, CLT, lamellé-collé), puis le chargé d'affaires construit le déboursé sec (matière, heures atelier, heures de pose, levage), applique frais de chantier, frais généraux et marge, et renseigne la DPGF. La justesse des ratios de taille et de pose fait la différence entre affaire gagnée et affaire perdante.
Fabrication atelier
L'atelier taille et usine les bois sur centre de taille à commande numérique (type Hundegger) à partir des fichiers machine exportés de Cadwork/SEMA, puis assemble les éléments sur table de montage : fermes et fermettes, murs à ossature bois (MOB) avec contreventement, pare-pluie et menuiseries intégrées selon le niveau de préfabrication, caissons de toiture. Le travail suit les plans d'atelier visés et les prescriptions du DTU 31.2 ; chaque élément est repéré et colisé selon le plan de chargement établi pour le levage.
Levage et pose sur chantier
L'équipe de pose monte la structure sur chantier : levage des éléments préfabriqués (MOB, fermes, pannes, poutres lamellé-collé, panneaux CLT) à la grue mobile ou à la grue auxiliaire, assemblage selon les plans de pose, réglage puis fixations définitives conformes au DTU 31.2. L'intervention est encadrée par le PPSPS, les CACES et autorisations de conduite pour l'élingage et la grue, et reste conditionnée par la réception du support (dalle, arases, réservations) et par la météo, le vent étant le premier facteur d'arrêt de levage.
Logistique et livraison chantier
Le conducteur de travaux organise l'acheminement des éléments préfabriqués de l'atelier au chantier : choix du moyen de transport (plateau, semi surbaissée, convoi exceptionnel pour les poutres de grande longueur), plan de chargement en ordre inverse de pose, calage et arrimage pour protéger les MOB dont les menuiseries et membranes sont déjà posées. Chaque rotation est synchronisée avec le créneau de la grue mobile : un camion en avance encombre le chantier, un camion en retard immobilise grue et équipe de pose.
Metre et quantitatif structure
Le bureau d'études quantifie l'ensemble des ouvrages bois d'une affaire : volumes de bois massif et de lamellé-collé par section et classe mécanique, surfaces de panneaux (contreventement OSB, CLT, planchers), ferrures et assemblages, fixations et consommables. Le métré s'appuie sur les plans architecte et, quand elle existe, sur la maquette Cadwork/SEMA ; il alimente à la fois l'étude de prix (déboursé sec) et l'approvisionnement (liste de débit), ce qui rend chaque oubli ou doublon coûteux deux fois.
Plans d'execution et calepinage
Le projeteur modélise l'ouvrage en 3D (Cadwork, SEMA) à partir des plans architecte et de la note de calcul du BE structure (dimensionnement Eurocode 5), produit les plans EXE soumis au visa (architecte, BE structure, bureau de contrôle), puis le calepinage des panneaux (ossature, CLT) et les plans d'atelier accompagnés des fichiers machine pour le centre de taille. Toute observation au visa est levée avant lancement en fabrication : une erreur non purgée sur un plan EXE se paie en reprise sur chantier, au pire au pied de la grue.
Reception et levee des reserves
En fin de chantier, l'entreprise prépare la réception de son lot : auto-contrôle interne (fixations, contreventements, raccords d'étanchéité à l'air, aspect des parements), constitution du DOE, puis opérations préalables à la réception (OPR) avec le maître d'oeuvre et signature du PV de réception. Les réserves éventuelles sont listées au PV, levées dans les délais et leur levée fait l'objet d'un constat contradictoire. La réception déclenche les garanties (parfait achèvement, décennale) et conditionne le solde des situations de travaux et la libération de la retenue de garantie.
Abattage et façonnage
L'équipe d'abattage met au sol les tiges martelées, les ébranche et les façonne aux découpes prévues au contrat (longueurs avec surlongueur, diamètres fin bout, purge des défauts). Selon la pente, la portance et le diamètre des bois, le chantier est mécanisé (abatteuse à tête de façonnage) ou manuel (bûcheron à la tronçonneuse, abattage directionnel). Les tiges dangereuses (encrouage, proximité de ligne électrique, volis) sont traitées en sécurité ou ajournées et signalées au responsable d'exploitation.
Cubage et classement bord de route
Le technicien mesure et cube les bois façonnés mis en pile bord de route, sur écorce ou sous écorce selon le contrat, puis classe le bois d'oeuvre par qualités (charpente, menuiserie, palette-emballage, déroulage selon l'essence). Le cubage bord de route fait généralement foi pour la facturation et se confronte à l'estimation sur pied : les écarts au-delà de la tolérance alimentent les litiges avec le propriétaire ou l'acheteur. L'ensemble est consigné au carnet de chantier et dans la fiche de lot qui suivent les bois jusqu'à la vente.
Débardage
Le conducteur d'engin sort les bois façonnés de la parcelle jusqu'à la place de dépôt : au porteur pour les bois courts, au skidder (débusqueur) pour les bois longs, en circulant exclusivement sur les cloisonnements d'exploitation pour préserver les sols et le peuplement restant. Les piles sont constituées bord de route par essence, qualité et découpe, accessibles au grumier. En période humide, l'orniérage impose de suspendre le débardage jusqu'au ressuyage des sols.
Martelage et sélection des tiges
Le technicien forestier sélectionne en peuplement les tiges à prélever conformément au document de gestion (PSG en forêt privée, aménagement en forêt publique) et à la sylviculture visée : éclaircie, coupe d'amélioration, coupe de régénération. Les tiges retenues sont martelées ou marquées à la peinture, avec marque au pied pour le contrôle après exploitation, puis comptées par essence et classe de diamètre pour établir l'estimation du lot.
Préparation de chantier d'exploitation
Avant toute intervention, le technicien reconnaît la parcelle (accès grumier, place de dépôt, cloisonnements, zones sensibles) et établit le cubage debout estimatif qui fonde l'offre d'achat de la coupe sur pied ou le plan de production du contrat d'approvisionnement. Le responsable d'exploitation rassemble ensuite les autorisations (permission de voirie, DICT, déclaration de chantier) et organise les moyens : équipe, machines, calendrier compatible avec la portance des sols et les contraintes environnementales.
Sécurité et conformité du chantier
Le responsable d'exploitation tient à jour l'analyse des risques du chantier forestier (abattage, encrouage, coactivité machines-bûcherons, lignes électriques, présence du public), transmet les consignes, vérifie les EPI et les documents obligatoires (fiche de chantier, déclaration de chantier, attestations des sous-traitants ETF). Les contrôles terrain tracent les écarts et déclenchent les actions correctives, jusqu'à l'arrêt de tâche en situation dangereuse.
Traçabilité d'origine et diligence RDUE
Pour chaque lot mis en marché, l'exploitant constitue la chaîne de preuves d'origine exigée par le règlement européen contre la déforestation (RDUE) : géolocalisation de la parcelle de récolte, légalité de la coupe (document de gestion, autorisations), puis dépôt d'une déclaration de diligence raisonnée (DDS) dans le système TRACES avant mise sur le marché. Les certifications PEFC/FSC alimentent le dossier mais ne dispensent pas de la diligence lot par lot.
Vente et contractualisation des bois
L'exploitant met en marché les bois cubés et classés bord de route auprès de ses débouchés : scieries, bois d'industrie (trituration, panneaux), bois énergie, export. La vente se fait de gré à gré, dans le cadre d'un contrat d'approvisionnement pluriannuel ou lot par lot ; le contrat fixe volumes et tolérances, découpes, prix par qualité, méthode de cubage faisant foi, conditions d'enlèvement et références de traçabilité (numéro de DDS, certificats PEFC/FSC).
Approvisionnement matière
Dès l'acceptation du devis, l'atelier déclenche l'achat des composants de l'affaire à partir de la nomenclature du bureau d'études : bois massif (chêne, mélèze, bois exotiques classe d'emploi 3), panneaux (MDF, contreplaqué, mélaminé), quincaillerie (paumelles, crémones, ferrage oscillo-battant), vitrages isolants sur mesure avec PV d'essais AEV et produits de finition. Le vitrage et la quincaillerie spécifique sont les postes les plus critiques : un délai miroitier non tenu décale tout le planning de fabrication et la date de pose.
Assemblage
L'atelier monte les ouvrages à partir des pièces usinées : assemblage des cadres et ouvrants par tenons-mortaises ou tourillons, collage sous presse, puis ferrage et vitrage en atelier quand le carnet de détails le prévoit. Le montage à blanc reste l'assurance qualité du menuisier : c'est là que se révèlent les pièces hors cote, les usinages inversés ou un plaquage de chant défectueux, avant que la colle ne rende toute reprise coûteuse.
Chiffrage et devis
À partir des plans, du métré et des choix techniques de l'étude, le chiffreur établit le quantitatif matière et temps, calcule le prix de revient puis le commercial met en forme le devis client. En menuiserie sur mesure et agencement, le chiffrage porte l'essentiel du risque de l'affaire : un temps de fabrication sous-estimé ou un vitrage oublié dans le quantitatif se retrouve directement dans la marge. Les ouvrages standards (fenêtres de gamme, portes courantes) passent par la bibliothèque de prix ; le sur mesure exige une décomposition complète.
Contrôle qualité
Avant emballage, chaque ouvrage passe un contrôle final : conformité dimensionnelle aux plans de fabrication, aspect de la finition (tendu du film, teinte, absence de coulures ou de traces de ponçage), fonctionnement des ouvrants et de la quincaillerie, présence du vitrage et des joints prévus. Pour les menuiseries certifiées NF ou Acotherm, le contrôle s'appuie sur les fiches d'autocontrôle exigées par le référentiel de certification. Une non-conformité détectée ici coûte une reprise d'atelier ; détectée sur chantier, elle coûte un déplacement, un délai et la confiance du client.
Débit et préparation
L'atelier prépare la matière de l'affaire : optimisation des plans de débit (bois massif en plots ou avivés, optimisation de panneaux pour l'agencement), débit à la scie à format ou à la scie radiale, puis corroyage du bois massif (dégauchissage et rabotage aux sections finies). Le rendement matière se joue ici : un plan de débit mal optimisé ou un tri d'aspect négligé (nœuds, aubier, flache) génère des chutes mal valorisées et des reprises en aval.
Réception de la demande client
L'entreprise reçoit des demandes hétérogènes : particulier pour un remplacement de fenêtres, architecte avec plans et CCTP pour un agencement sur mesure, appel d'offres avec DPGF pour un lot menuiseries. Le commercial qualifie la demande (nature de l'ouvrage, budget, délai, sérieux du prospect), le bureau d'études juge la faisabilité technique (capacité atelier, compétences, compatibilité DTU 36.5 pour la pose) et l'affaire est enregistrée pour déclencher le métré. Une qualification bâclée coûte des heures d'étude et de chiffrage sur des affaires perdues d'avance.
Étude et conception
Le bureau d'études transforme le métré et les exigences du client en une solution fabricable : conception CAO/DAO de l'ouvrage, choix des essences, de la quincaillerie et des vitrages, validation technique (mode de pose selon DTU 36.5, performances Acotherm ou AEV exigées), puis production des plans de fabrication et du carnet de détails pour l'atelier. En agencement sur mesure, l'étude produit aussi les fichiers d'usinage destinés au centre CN. Une étude incomplète se paie en questions d'atelier, en reprises et en litiges de réception.
Facturation
La comptabilité facture les affaires : acomptes à la commande, situations de travaux sur les chantiers longs, facture de solde à la réception avec prise en compte des travaux supplémentaires validés et de la retenue de garantie éventuelle. La facture doit être strictement cohérente avec le devis signé, les avenants et les bons de livraison ou PV de réception ; les écarts corrigés à la main entre ces documents sont la première cause de contestation et de retard d'encaissement.
Finition
L'atelier de finition prépare les surfaces et applique le système de finition prévu au devis : laquage en cabine pour les menuiseries et l'agencement laqués, lasure ou vernis pour les ouvrages en bois apparent, huile pour certains plans de travail. La qualité perçue par le client se joue presque entièrement ici : un ponçage insuffisant, une teinte hors nuancier ou une coulure se voient immédiatement à la réception. Le respect des fiches techniques (grammage, dilution, temps de séchage entre couches, égrenage) conditionne la tenue de la finition et la garantie.
Préparation et livraison
Une fois l'ouvrage validé au contrôle final, la logistique l'emballe (protection des arêtes, des angles et des vitrages, film et cornières), planifie la livraison en coordination avec le planning de pose et le chantier, puis charge et transporte jusqu'au site. Les menuiseries laquées et les ensembles vitrés sont particulièrement sensibles : une rayure ou une casse au transport se découvre au déballage sur chantier, au pire moment, et déclenche une refabrication en urgence.
Métré / relevé sur site
Le métreur se déplace sur site pour relever les cotes définitives et les contraintes de pose : dimensions des baies en plusieurs points (largeur et hauteur haut/milieu/bas), aplombs et niveaux, nature du support (pierre, brique, béton, ossature bois), type de pose visé (en applique, en tunnel, en feuillure, en rénovation sur dormant existant) et accès au chantier. Le relevé de cotes est le point de non-retour de l'affaire : une erreur ici se transforme en ouvrage refabriqué ou en pose bricolée, aux frais de l'entreprise.
Pose sur chantier
L'équipe de pose installe les ouvrages sur site dans les règles de l'art du DTU 36.5 : préparation du support et dépose éventuelle de l'existant, mise en place selon le mode de pose prévu (en applique, en tunnel, en feuillure ou en rénovation sur dormant existant), fixation, calfeutrement et réglages. La qualité de la pose conditionne les performances réelles de la menuiserie (étanchéité à l'air et à l'eau, fonctionnement dans le temps) : un ouvrage parfait en atelier peut être ruiné par un calage approximatif ou un calfeutrement bâclé.
Réception de chantier et SAV
En fin de pose, le conducteur de travaux organise la réception avec le client ou le maître d'oeuvre : visite contradictoire, PV de réception avec ou sans réserves, puis levée des réserves dans le délai convenu. La réception fait courir les garanties légales (parfait achèvement un an, biennale sur les équipements, décennale le cas échéant) et déclenche la facturation du solde. Le SAV traite ensuite les réclamations en distinguant ce qui relève de la garantie de ce qui relève de l'usage ou d'un défaut d'entretien.
Réception et contrôle matière
À chaque livraison fournisseur, l'atelier contrôle la marchandise avant mise en stock : quantités et références contre le bon de livraison, état des vitrages et de la quincaillerie, qualité du bois (sections, qualité d'aspect, humidité à l'humidimètre, certificats PEFC/FSC quand la chaîne de contrôle l'exige). Une non-conformité acceptée sans réserve devient le problème de l'atelier : un avivé trop humide ou un vitrage rayé découvert en fabrication coûte bien plus cher qu'un refus à quai.
Usinage
L'atelier usine les pièces corroyées conformément aux plans de fabrication : tenons et mortaises, profils et contre-profils des cadres, feuillures à vitrage, rainures, perçages de quincaillerie et plaquage de chants pour les panneaux d'agencement. Selon l'équipement, le travail se répartit entre machines conventionnelles (tenonneuse, mortaiseuse, toupie) et centre d'usinage CN piloté par les programmes issus de la CAO. La précision d'usinage conditionne directement le montage : une mortaise décalée ou un contre-profil mal réglé se paie en ajustage au poste d'assemblage.
Référencement produits et catalogue
Le négoce référence dans son ERP l'ensemble de sa gamme bois massif (charpente, ossature, terrasse), panneaux et dérivés : création des fiches produit à partir des documentations fournisseurs, intégration des tarifs fournisseurs, calcul des prix de vente et publication vers le comptoir, le site marchand et les étiquettes du libre-service. La qualité de la fiche produit (essence, section normalisée, classe d'emploi NF EN 335, traitement, certification PEFC/FSC, unité de vente) conditionne directement la fiabilité des devis, du stock et de la marge.
Conformité produits (CE, RDUE)
Le négoce vérifie que chaque produit commercialisé dispose des preuves réglementaires exigées : déclaration des performances et marquage CE EN 14081 pour les bois de structure, diligence raisonnée RDUE (DDS, géolocalisation des parcelles) pour les produits importés ou mis sur le marché, certificats chaîne de contrôle PEFC/FSC pour les ventes revendiquées certifiées. Les preuves sont archivées pour répondre aux contrôles (DGCCRF, autorité compétente RDUE) et à l'audit annuel de chaîne de contrôle du négoce.
Préparation de commande et expédition
À partir du bon de préparation issu de la commande client, le magasinier prélève les produits dans le libre-service et la cour des matériaux, les conditionne (colisage, cerclage des paquets, protection des panneaux) puis les charge pour la tournée de livraison ou les met à disposition pour enlèvement sur cour. Les livraisons chantier se font majoritairement en camion-grue, avec dépose au plus près de la zone de travaux, et les lignes manquantes génèrent des reliquats à suivre jusqu'au solde de la commande.
Facturation et recouvrement
Le comptable facture les ventes à partir des BL émargés retournés de tournée et des tickets comptoir, en tenant compte des reliquats livrés séparément, des reprises et avoirs, et des conditions négociées par client (remises, franco). Il suit les règlements des comptes en encours, relance les retards et lettre les paiements, sous la contrainte de l'assurance-crédit qui plafonne l'encours autorisé par client.
Réception et contrôle marchandise
À l'arrivée d'une livraison fournisseur (scierie, importateur, fabricant de panneaux), le magasinier décharge au chariot élévateur, contrôle les quantités et la qualité contre le BL et la commande d'achat (nombre de paquets, sections normalisées, longueurs, classes d'emploi, état des colis, mentions PEFC/FSC), puis met la marchandise en stock dans la cour des matériaux ou au libre-service. Les réserves portées avant signature conditionnent les recours contre le transporteur et le fournisseur.
Sourcing et achat fournisseurs
L'acheteur du négoce sélectionne et contractualise ses approvisionnements : scieries françaises et importateurs pour la gamme bois massif, fabricants et distributeurs pour les panneaux et dérivés. Il compare les offres sur le prix rendu, les délais, la constance de qualité, la validité des certificats chaîne de contrôle PEFC/FSC et la conformité RDUE des produits importés, en anticipant la saisonnalité des ventes (constitution du stock terrasse avant le printemps, charpente en saison).
Gestion des stocks négoce
Le négoce pilote un stock de plusieurs milliers de références : essences, sections normalisées et longueurs de la gamme bois massif, panneaux, dérivés et quincaillerie du libre-service. Les seuils de réappro par famille intègrent la saisonnalité (terrasse au printemps, charpente en belle saison), les délais fournisseurs et les rotations lentes ; les inventaires tournants recalent le stock informatique sur le physique, mis à mal par la casse, les déclassés et les longueurs mélangées dans les racks.
Devis et vente comptoir et pro
Au comptoir, par téléphone ou par courriel, le vendeur conseille particuliers et professionnels (charpentiers, menuisiers, constructeurs bois) : il traduit le besoin en références précises (essence, classe d'emploi NF EN 335 selon l'usage, section normalisée, quantités avec marge de chutes), vérifie la disponibilité en cour et au libre-service, établit le devis aux conditions du compte client et enregistre la commande. La prise de commande en compte est conditionnée par l'encours autorisé et la couverture d'assurance-crédit du client.
Approvisionnement bois et colle
L'usine de panneaux sécurise ses deux intrants critiques : la matière bois (bois ronds de trituration, plaquettes forestières, produits connexes de scierie, bois de recyclage selon le type de panneau) et les résines d'encollage (UF, MUF, PMDI, mélamine). Les contrats bois sont négociés à l'année ou à la campagne avec les scieries, coopératives et exploitants, avec exigences RDUE (diligence raisonnée, géolocalisation) et chaîne de contrôle PEFC/FSC. Les résines, produits chimiques sous FDS, sont gérées en flux tendu avec un stock de sécurité car une rupture arrête la ligne.
Encollage
Préparation du mélange de colle et application sur la matière séchée : résines UF, MUF ou PMDI additionnées de durcisseur, paraffine (hydrofugation) et charges, selon la recette de la référence (classe d'émission formaldéhyde E1 ou E05, usage sec ou humide). L'application se fait en encolleuse à disques ou à buses (fibres MDF en blowline, lamelles OSB en tambour, particules en mélangeur) ou au rouleau encolleur sur les plis de contreplaqué. Le grammage de colle est le premier poste de coût matière après le bois : un surdosage grève la marge et les émissions, un sous-dosage détruit la cohésion interne du panneau.
Stockage et expedition
Mise en stock des paquets de panneaux libérés par la qualité, préparation des commandes et expédition, principalement par camion complet (plateau ou taut) vers négoces, industriels de l'ameublement et construction bois. Les paquets sont gérés par référence, format, choix et campagne de production : la traçabilité de l'étiquette de colisage jusqu'au bon de livraison est exigée par le marquage CE EN 13986 et par les chaînes de contrôle PEFC/FSC. Les enjeux du poste sont la rotation du stock (les panneaux stockés trop longtemps se dégradent : reprise d'humidité, chants abîmés), l'exactitude des préparations et la complétude documentaire au chargement.
Poncage et decoupe
Après stabilisation, les panneaux bruts passent sur la ligne de ponçage et calibrage (têtes de ponçage gros grain puis finition) qui les amène à l'épaisseur finale dans la tolérance EN 324, puis à la découpe aux formats commerciaux ou aux formats client (scie à formats multi-lames). Les poussières de ponçage sont aspirées vers le silo à poussières, zone classée ATEX dont la conduite (détection d'étincelles, évents d'explosion) fait partie intégrante du poste. Le tri final classe chaque panneau (choix, déclassé, rebut broyé) avant colisage : c'est le dernier filtre visuel avant le client.
Preparation (deroulage / defibrage)
Transformation de la matière bois en éléments constitutifs du panneau : plis obtenus par déroulage ou tranchage pour le contreplaqué, fibres issues du défibrage (défibreur à disques après cuisson des plaquettes) pour le MDF, lamelles orientables (strands) pour l'OSB, particules calibrées pour le panneau de particules. Le bois est préalablement écorcé puis étuvé ou cuit pour atteindre la plasticité requise. L'homogénéité dimensionnelle (épaisseur de pli, granulométrie des fibres et particules, géométrie des lamelles) conditionne directement l'encollage et les propriétés mécaniques du panneau fini.
Pressage a chaud
Conformation du matelas (fibres, particules ou lamelles encollées, ou empilage des plis de contreplaqué) puis pressage à chaud : la presse continue (ou multi-étages pour le contreplaqué) applique le triptyque pression, température, temps qui polymérise la résine et fixe l'épaisseur, la densité et le profil de densité du panneau. C'est le poste goulot et le plus capitalistique de l'usine : un défaut de conduite (matelas hétérogène, plateau froid, vitesse excessive) produit des délaminations ou des éclatements de panneau (blows) détectés seulement au contrôle laboratoire. Les paramètres de presse sont propres à chaque référence et enregistrés par campagne de production pour la traçabilité du marquage CE EN 13986.
Controle qualite (CE / emissions)
Contrôle laboratoire des panneaux dans le cadre du contrôle de production en usine (CPU) du marquage CE EN 13986 : essais mécaniques et physiques par campagne de production (module et résistance en flexion EN 310, gonflement en épaisseur 24 h EN 317, cohésion interne EN 319, masse volumique EN 323) et contrôle des émissions de formaldéhyde (méthode gaz EN ISO 12460-3 ou perforateur, rattachée aux essais chambre) pour tenir la classe déclarée E1 ou E05. Les résultats conditionnent la libération des campagnes, l'étiquetage CE et la déclaration des performances (DoP) ; ils sont audités par l'organisme notifié.
Sechage des plis / fibres
Séchage de la matière à l'humidité de fabrication avant encollage : plis de placage passés au séchoir à rouleaux ou à bandes (contreplaqué), fibres séchées en tube flash après le défibreur (MDF), lamelles et particules séchées en tambour rotatif (OSB, particules). L'humidité cible est basse et étroite (typiquement 2 à 6 % selon le procédé et la résine) car elle conditionne la réactivité de l'encollage et le risque d'éclatement du panneau à la presse (délaminage vapeur). Les séchoirs sont de gros postes énergétiques, alimentés par la chaufferie biomasse aux connexes, et des points sensibles incendie/ATEX (poussières, points chauds).
Achat de grumes
Prospection, estimation et négociation de lots de grumes auprès de l'amont forestier (ventes ONF, coopératives, exploitants, propriétaires privés), sur pied ou bord de route. L'acheteur évalue essences, volumes sous écorce et qualités prévisionnelles, vérifie les garanties d'origine (certificats PEFC/FSC, géolocalisation de parcelle exigée par la RDUE), puis contractualise le lot et cale les livraisons avec le transport grumier.
Gestion des certificats
Tenue de la conformité documentaire de la scierie : chaîne de contrôle PEFC/FSC (suivi du pourcentage de matière certifiée, mentions sur BL et factures), diligence raisonnée RDUE (géolocalisation des parcelles d'origine, déclarations DDS) et préparation des audits annuels. Le service qualité collecte les certificats fournisseurs, vérifie leur validité et maintient les registres qui relient chaque lot vendu à son origine.
Classement mécanique
Classement structurel des sciages destinés à la construction, par machine (mesure du module d'élasticité) ou visuellement par un classeur habilité (norme NF B 52-001), dans le cadre du marquage CE selon EN 14081. Chaque pièce reçoit une classe de résistance (C18 à C30 pour les résineux courants) ; les pièces hors classe sont déclassées et l'ensemble est tracé dans le contrôle de production en usine (CPU).
Classement qualité
Tri qualitatif des grumes à l'entrée du parc : le classeur évalue les singularités (nodosité, courbure, cerce, roulure, échauffure, gélivure) et affecte chaque grume à une classe et à une destination de débit (menuiserie, charpente, palette, ou déclassement en bois d'industrie / bois énergie). Ce tri conditionne le rendement matière et la valorisation de toute la chaîne aval.
Gestion des connexes
Collecte, tri et valorisation des produits connexes de sciage : plaquettes (papeterie, panneaux, bois énergie), sciures (granulés, litières), écorces (paillage, chaufferies). Les connexes représentent couramment la moitié du volume de la grume ; leur suivi volumique et leur conformité aux cahiers des charges acheteurs (granulométrie, humidité, taux d'écorce) conditionnent directement la recette.
Cubage et mesure
Mesure contradictoire du volume des grumes livrées : diamètre médian et longueur, grume par grume au parc (compas, ruban) ou automatiquement au cubeur / scanner de billons. Le cubage sous écorce selon la méthode contractuelle fait référence pour la facturation fournisseur ; tout écart entre volume annoncé et volume cubé au-delà de la tolérance déclenche réfaction ou cubage contradictoire.
Expédition
Expédition des commandes de sciages et produits finis : affrètement du transport, contrôle du chargement (essences, sections, quantités, colisage) par rapport à la commande, édition du bon de livraison avec les mentions de certification PEFC/FSC et remise des documents au chauffeur. La cohérence entre commande, colis chargés et BL évite litiges, retours et avoirs.
Planification du sciage
Construction du plan de sciage à partir du carnet de commandes et du stock du parc à grumes : choix des lots à débiter, définition des plans de débit (arbitrage rendement matière entre produits principaux, secondaires et connexes) et ordonnancement des séries sur la ligne. Souvent tenue sur tableur, cette planification arbitre en permanence entre rendement matière, délais clients et temps de réglage entre séries.
Préparation commande
Traitement des commandes clients de sciages : enregistrement et vérification (références, sections, longueurs, qualités, certification demandée), allocation du stock de produits finis, constitution physique des colis et édition des documents de préparation. La disponibilité réelle du stock décide entre livraison directe et mise en fabrication du reliquat.
Rabotage / finition
Rabotage et profilage des sciages secs en produits finis (bois rabotés 4 faces, lambris, bardage, parquet) : réglage de la raboteuse-moulurière selon le profil, usinage, contrôle dimensionnel et d'état de surface, conditionnement. L'humidité du bois en entrée (cible selon l'usage, par exemple 12-15 % pour l'intérieur) conditionne la qualité d'usinage et le taux de rebut.
Réception des grumes
Réception physique et administrative des camions de grumes : contrôle du bon de livraison (fournisseur, essence, volume annoncé, mentions de certification), contrôle visuel du chargement, rapprochement avec la commande, création du lot dans l'ERP et archivage des documents nécessaires à la chaîne de contrôle PEFC/FSC et à la diligence raisonnée RDUE. C'est le verrou de traçabilité de toute la scierie.
Sciage
Transformation des grumes en sciages sur la ligne : écorçage, débit primaire à la scie de tête ou au canter (plots, noyaux, avivés), délignage et débit secondaire pour la mise aux dimensions, tri des sciages en sortie de ligne et évacuation continue des connexes. Le rendement matière (couramment 45 à 55 % en résineux) se joue sur le positionnement des grumes et la qualité des plans de débit.
Séchage
Séchage artificiel des sciages en cellules : constitution des charges empilées à lattes, choix du programme selon essence et épaisseur, conduite du cycle (température, hygrométrie, ventilation), contrôle de l'humidité finale à cœur et stabilisation. L'humidité cible dépend de l'usage : environ 18 % pour la charpente, 12 à 15 % pour la menuiserie intérieure ; un séchage trop rapide génère fentes, déformations et cémentation.
Gestion des stocks produits finis
Gestion du stock de produits finis de la scierie (sciages secs, rabotés, bois traités) : entrées en stock à l'issue de la production, rangement et localisation des colis sur le parc ou sous hangar, suivi des niveaux par produit et inventaires. Une vision de stock fiable conditionne les promesses de délai de l'ADV et le déclenchement des fabrications.
Stockage parc à grumes
Gestion du parc à grumes : affectation d'un emplacement par lot (essence, qualité, ancienneté), déchargement et mise en pile, conservation de la matière (aspersion des piles de résineux en saison chaude contre bleuissement et échauffure) et tenue du stock parc. La logique premier entré / premier scié limite la dégradation des grumes stockées trop longtemps.
Traitement / préservation
Traitement de préservation des sciages selon la classe d'emploi visée (NF EN 335) : trempage ou aspersion pour la classe 2 (bois abrités), autoclave vide-pression pour les classes 3 et 4 (bois exposés ou en contact avec le sol). Préparation de la solution, cycle de traitement, égouttage sur aire de rétention et enregistrement des paramètres pour la traçabilité et les certifications (CTB-B+ le cas échéant).
Chargement et arrimage
Chargement des bois à la grue embarquée sur la place de dépôt bord de route (grumes, billons) ou au quai du client (paquets de sciages, palettes de produits bois), puis arrimage et contrôle avant départ. Le conducteur vérifie la correspondance des lots avec l'ordre de transport et reste dans les limites de poids autorisées : 44 t de PTRA en régime général, 57 t sous dérogation bois ronds selon l'arrêté préfectoral en vigueur. Une surcharge ou un lot chargé par erreur (marquage confondu avec celui d'un autre acheteur) se paie en amende, en immobilisation ou en litige client.
Conformité réglementaire transport
Le transporteur bois cumule deux corpus réglementaires : le transport routier (temps de conduite au chronotachygraphe, FIMO/FCO des conducteurs, licence de transport intérieur, taxe à l'essieu, dérogation 57 t bois ronds avec itinéraires imposés) et la traçabilité bois (documents d'accompagnement, références de diligence raisonnée RDUE transmises par le donneur d'ordre, certificats PEFC/FSC le cas échéant). Un manquement se paie en immobilisation du véhicule lors d'un contrôle DREAL ou gendarmerie, en amende, voire en perte de l'honorabilité du gestionnaire de transport.
Gestion documentaire transport
Production, contrôle et archivage des documents qui accompagnent chaque transport de bois : lettre de voiture obligatoire (ou e-CMR à l'international), ordre de transport, bons de chargement et de livraison, copie de l'arrêté préfectoral pour les convois bois ronds à 57 t. Ces documents circulent entre exploitant, conducteur, chargeur et destinataire, souvent en papier carbone annoté en cabine : bons perdus ou illisibles, liasses qui remontent avec des semaines de retard, autant de factures bloquées et de litiges indéfendables.
Facturation transport
Facturation des prestations de transport de bois selon les termes du contrat : à la tonne transportée, au mètre cube, au voyage ou au kilomètre, avec indexation gazole en pied de facture (indice CNR). L'exploitant rassemble pour chaque tournée les lettres de voiture émargées, tickets de pesée et relevés de cubage, puis la comptabilité facture le donneur d'ordre (scierie, exploitant forestier, négoce, papetier). Un bon manquant ou un écart entre tonnage chargé et tonnage réceptionné retarde la facture et alimente les litiges.
Maintenance du parc véhicules
Entretien préventif et curatif des grumiers, porteurs, remorques et grues embarquées : vidanges et plans constructeur, contrôle technique poids lourds annuel, vérification générale périodique (VGP) des grues de levage, vérification du chronotachygraphe tous les deux ans et du limiteur de vitesse. Le transport de bois use vite le matériel : pistes forestières, boue, charges à la limite du PTRA. Un grumier immobilisé en pleine campagne d'exploitation, c'est des tournées perdues et un donneur d'ordre qui se reporte sur un confrère.
Pesée et cubage transport
Mesure des quantités transportées, base de la facturation et de la conformité au poids : pesée embarquée au chargement (peson de grue), double pesée brut/tare au pont-bascule de l'usine réceptionnaire, cubage bord de route ou cubage contradictoire à la réception scierie. Selon les contrats, le bois se règle à la tonne, au mètre cube ou au stère, avec conversion dépendant de l'essence et de l'humidité (bois vert ou ressuyé). Un écart entre la quantité chargée et la quantité réceptionnée se traduit directement en litige de facturation entre transporteur, exploitant forestier et scierie.
Planification des tournées et affrètement
Construction du plan de tournée à partir des ordres de transport reçus des scieries, exploitants forestiers, coopératives et négoces, souvent encore par téléphone ou courriel. L'exploitant affecte grumiers et porteurs en tenant compte de la cartographie des accès (ponts limités, barrières de dégel, itinéraires dérogatoires 57 t bois ronds), cherche les retours en charge pour limiter les kilomètres à vide et affrète un confrère quand la flotte propre ne suffit pas. Le tout sous contrainte des temps de conduite (règlement CE 561/2006) et des qualifications FIMO/FCO des conducteurs.
Transport et suivi de livraison
Acheminement des bois de la place de dépôt bord de route ou du quai d'expédition jusqu'au site de livraison (scierie, papeterie, chantier, négoce), avec suivi de la tournée par l'exploitation via la géolocalisation de l'informatique embarquée. Le conducteur respecte l'itinéraire — dérogatoire et imposé quand il roule à 57 t sous l'arrêté préfectoral bois ronds — et ses temps de conduite enregistrés au chronotachygraphe. La livraison se clôt par l'émargement de la lettre de voiture et la constitution de la preuve de livraison (POD), pièce maîtresse en cas de litige sur les quantités ou l'état de la marchandise.
Achats indirects & fournisseurs
Achats hors matière première d'une PME de la filière bois : lames et rubans de scie, pièces d'usure de la ligne de sciage, quincaillerie et connecteurs de charpente, EPI, carburant, feuillards et emballages. Le processus va de l'expression du besoin par l'atelier jusqu'au rapprochement facture, en passant par la consultation des fournisseurs et le contrôle de la livraison. Dans une scierie de 25 personnes, il repose souvent sur un cahier de demandes, un tableur et le module achats de l'ERP métier.
Administration des ventes
Traitement des commandes clients d'une PME bois, de la réception à l'expédition : contrôle des références et des tarifs, vérification de la disponibilité (sciages secs en stock ou débit à lancer), AR de commande avec délai ferme, préparation, expédition et gestion des reliquats. Dans une scierie ou une charpente de 25 personnes, l'ADV jongle entre l'ERP métier, le téléphone et les demandes de modification de dernière minute des négoces et des chantiers.
Réponse aux appels d'offres
Réponse aux consultations publiques et privées visées par les entreprises de la filière bois : lots charpente, menuiserie ou construction bois de marchés publics, fourniture de sciages ou de bois d'aménagement aux collectivités. Le processus couvre la veille sur les profils acheteurs, l'analyse du DCE, la décision de répondre, le chiffrage de la DPGF, la rédaction du mémoire technique et le dépôt dématérialisé avant l'heure limite.
Comptabilité fournisseurs
Traitement des factures fournisseurs d'une PME bois : achats de bois sur pied ou bord de route, transport grumier, consommables d'atelier, énergie, prestations d'affûtage ou de séchage à façon. Le processus couvre la réception et la numérisation des factures, le rapprochement avec les bons de commande et de réception, le traitement des litiges, la comptabilisation et la préparation des règlements, souvent en lien avec un expert-comptable externe.
Contenus & communication
Production et diffusion des contenus d'une PME de la filière bois : photos de chantiers de charpente livrés, actualités de la scierie (nouveau séchoir, certification PEFC), fiches essences et posts LinkedIn vers les négoces et prescripteurs. Le processus va du plan éditorial simple (quelques sujets par trimestre) à la publication, avec validation du dirigeant avant mise en ligne. Dans une entreprise de 25 personnes, il est porté par le commercial ou l'assistante, souvent sans service communication dédié.
Données & tableaux de bord
Collecte, fiabilisation et restitution des données de pilotage d'une PME de la filière bois : volumes sciés, rendement matière, marge par lot ou par chantier, encours clients, stock parc à grumes et sciages. Les données viennent de l'ERP métier, de la comptabilité (souvent tenue par un cabinet externe) et de tableurs de terrain, avec des référentiels articles et tarifs rarement alignés. Le processus produit un tableau de bord mensuel exploitable par le dirigeant.
Devis & offres
Élaboration des devis d'une PME de la filière bois : liste de débit à chiffrer pour un charpentier, lot d'avivés pour un négoce, charpente taillée avec relevé sur site. Le chiffrage combine le débit matière (essences, sections, longueurs, qualité), le déboursé sec (matière, main-d'oeuvre, machine) et la marge, avec vérification du stock et des délais de séchage ou de taille. Le processus va de la demande client à la transformation du devis accepté en commande.
Facturation & recouvrement
Émission des factures clients d'une PME de la filière bois et suivi des encaissements : facturation au BL signé pour les négoces, situations de travaux pour les chantiers de charpente, dépôt sur Chorus Pro pour les marchés publics. Le processus intègre la facturation électronique (Factur-X via une plateforme agréée, obligatoire depuis la réforme 2026) et les relances graduées jusqu'à l'escalade du dirigeant. Le poste clients est souvent le premier risque de trésorerie de l'entreprise.
Formation & compétences
Gestion des formations et habilitations d'une PME de la filière bois : CACES chariot et engins, habilitations électriques, sauveteur secouriste du travail, conduite de séchoir, affûtage, taille de charpente. Le processus couvre le recensement des besoins et des échéances de recyclage, le montage du plan avec l'OPCO de la branche, l'organisation des sessions en tenant compte du planning de production, et la mise à jour du tableau des habilitations. Dans une entreprise de 25 personnes, une absence en formation se ressent immédiatement sur la ligne.
Gestion de la paie
Paie mensuelle d'une PME de la filière bois, généralement externalisée auprès du cabinet comptable ou traitée sur un logiciel de paie : collecte des pointages atelier et chantier, heures supplémentaires en saison, paniers et déplacements, chômage intempéries pour les équipes de pose (régime BTP avec la caisse congés intempéries), primes conventionnelles. Le processus va de la collecte des variables au versement des salaires et aux déclarations sociales (DSN), avec un contrôle des bulletins avant validation.
Prospection & leads
Prospection B2B d'une PME de la filière bois : négoces bois et matériaux, charpentiers et constructeurs bois, agenceurs, collectivités, prescripteurs (architectes, bureaux d'études). Le processus va du ciblage (zone de chalandise, essences et produits, volumes) à la prise de contact, la qualification du besoin réel et l'alimentation d'un pipeline suivi. Les salons professionnels (Carrefour International du Bois, salons régionaux Fibois) et le bouche-à-oreille restent les canaux dominants, complétés par LinkedIn et l'emailing.
Recrutement & sélection
Recrutement dans une PME de la filière bois, sur des métiers en forte tension : affûteur, scieur de tête, conducteur d'abatteuse ou de porteur, charpentier, cariste. Le processus va de la définition du poste (grille de la convention collective applicable) à l'embauche (DPAE, contrat, accueil sécurité), en passant par une diffusion multicanale (France Travail, réseau Fibois, lycées et CFA bois, bouche-à-oreille) et un essai pratique en atelier, souvent plus révélateur que l'entretien. Le délai de recrutement se compte en mois sur les profils rares.
Reporting & clôture
Production périodique des chiffres de gestion d'une PME de la filière bois : clôture mensuelle ou trimestrielle avec le cabinet comptable, valorisation des stocks (parc à grumes, sciages, encours de chantiers), calcul de la marge par lot ou par chantier et suivi de trésorerie. La valorisation des stocks bois est le point délicat : prix des grumes volatils, séchage en cours, connexes, chantiers de charpente à cheval sur deux périodes. Le processus aboutit à une restitution commentée au dirigeant qui déclenche les actions correctives.
Démarche RSE & reporting
Structuration de la démarche RSE d'une PME de la filière bois et réponse aux demandes extra-financières : questionnaires ESG des donneurs d'ordre et des banques (effet cascade de la CSRD), bilan de gaz à effet de serre simplifié, taux de valorisation des connexes (plaquettes, sciures, écorces), approvisionnement certifié PEFC/FSC, ancrage territorial et emploi local. L'entreprise a souvent des atouts réels (matériau biosourcé, circuits courts, connexes valorisés en énergie ou panneaux) mais peu formalisés, ce qui la pénalise face aux acheteurs.
Santé-sécurité au travail
Prévention des risques dans une PME de la filière bois, où l'accidentologie est parmi les plus élevées de l'industrie : machines de sciage et de taille, manutention de grumes et de paquets, chariots élévateurs, bruit, poussières de bois (cancérogène réglementé, VLEP 1 mg/m3), travail en hauteur pour la pose de charpente. Le processus couvre la mise à jour du DUERP par unité de travail, le plan d'actions et les EPI, les accueils sécurité, le traitement des signalements et l'analyse des accidents avec déclaration dans les 48 heures.
Support informatique & parc
Support informatique d'une PME de la filière bois sans service informatique dédié : ERP métier de scierie ou logiciel de taille, poste du pont-bascule ou du cubage, imprimantes d'étiquettes et de BL, messagerie, réseau de l'atelier, sauvegardes. Un référent interne (souvent l'ADV ou un membre du bureau) traite le premier niveau et escalade vers le prestataire informatique ou l'éditeur de l'ERP. Un arrêt de l'ERP ou du poste de cubage bloque les expéditions en quelques heures.
Présence digitale & site
Entretien de la vitrine en ligne d'une PME de la filière bois : site vitrine (produits, essences, réalisations de charpente, coordonnées et horaires), fiche Google Business Profile, référencement local et pages de réalisations avec photos de chantiers. Le site est souvent construit par un prestataire puis laissé en friche ; le processus organise des mises à jour régulières réalisées en interne quand le CMS le permet, ou briefées au prestataire sinon. Pour beaucoup de clients (particuliers, artisans, collectivités), la fiche Google et le site sont le premier contact avec l'entreprise.